Guide · admissibilité

La visite médicale et l'admissibilité médicale

La visite médicale d'immigration est obligatoire, mais elle inquiète souvent plus qu'elle ne le devrait. La très grande majorité des candidats la passent sans difficulté. Voici comment elle fonctionne, et les rares situations qui demandent d'anticiper.

La visite médicale, comment ça marche

Ce qui peut poser problème : l'inadmissibilité médicale

Dans de rares cas, l'état de santé peut rendre une personne inadmissible. La loi prévoit trois motifs :

La notion de fardeau excessif

L'idée : si les soins ou services sociaux qu'exigerait une personne dépassaient un seuil de coût fixé par le gouvernement, la demande peut être refusée pour l'ensemble de la famille. Ce seuil, longtemps flou dans les discussions entre candidats, est public et chiffré.

Seuil 2026 : 144 390 $ sur cinq ans, soit 28 878 $ par an. C'est le coût que devraient dépasser les soins et services sociaux liés à ton état de santé pour que le motif s'applique. IRCC le republie chaque année.

Mis en perspective, ce montant est élevé : la très grande majorité des affections courantes, suivies et traitées, coûtent bien moins que 28 878 $ par an au système. Le seuil a été fortement relevé ces dernières années, ce qui a beaucoup réduit le nombre de refus.

Deux précisions utiles :

Si une lettre d'équité procédurale arrive

Rien n'est décidé sans que tu aies pu répondre. Avant toute décision définitive, IRCC envoie une lettre d'équité procédurale expliquant les motifs envisagés. Tu disposes alors de 90 jours pour apporter des éléments. Si ce délai est trop court, il faut demander une prolongation aux coordonnées figurant dans la lettre — ne pas laisser passer la date.

Ce que tu peux apporter : un diagnostic actualisé, la preuve que ton état est traité ou s'est amélioré, la liste des médicaments et services réellement nécessaires, et leur coût — par exemple si ton médecin a basculé ton traitement vers un équivalent moins cher. Se faire accompagner par un professionnel est possible, mais ce n'est pas obligatoire.

Le plan d'atténuation, et sa limite

Dans certains cas, IRCC invite à soumettre un plan d'atténuation : la façon dont tu comptes assumer toi-même les dépenses futures. Il faut y expliquer comment les services te seront fournis, comment tu les paieras, et démontrer ta situation financière sur toute la période concernée, pièces à l'appui. Une Déclaration de capacité et d'intention signée l'accompagne : tu t'y engages formellement.

Sa limite est essentielle à comprendre. On ne peut pas se désengager du système public de santé. Un plan d'atténuation ne peut donc pas couvrir les soins de santé eux-mêmes : il porte sur les médicaments sur ordonnance pour malade externe (dans les provinces qui le permettent) et sur les services sociaux — par exemple un établissement privé de soins de longue durée que tu financerais. Et on ne peut en soumettre un que si on y a été invité.

Que faire si tu penses être concerné

Le médical n'est qu'un motif parmi d'autres

L'interdiction de territoire s'apprécie au dépôt de la demande et à nouveau à la frontière : détenir un visa ne garantit pas l'entrée. À côté du motif sanitaire, la loi en prévoit plusieurs autres, et deux méritent d'être connus parce qu'ils surprennent.

La conduite avec facultés affaiblies est explicitement citée par IRCC parmi les motifs criminels. Une condamnation ancienne, perçue en France comme une affaire mineure, peut suffire à bloquer un dossier. Ne pas la déclarer aggrave tout, puisque l'omission constitue en elle-même une fausse déclaration. Des recours existent — la réhabilitation notamment — mais ils demandent du temps : c'est à régler avant d'engager des frais, pas après.

Le lien de parenté avec une personne interdite de territoire est un motif à part entière. La situation des membres de ta famille inscrits sur ta demande compte, y compris ceux qui ne t'accompagnent pas.

Les autres motifs : les fausses déclarations, y compris par omission ; les motifs financiers, si tu ne peux pas subvenir à tes besoins et à ceux de ta famille ; le non-respect de la loi sur l'immigration, comme un dépassement de séjour, un travail ou des études sans le permis requis, ou — pour un résident permanent — le fait de ne pas avoir vécu au Canada le nombre de jours exigé. Enfin, les motifs de sécurité et d'atteinte aux droits de la personne, qui ne concernent qu'une infime minorité de dossiers.

⚠️ Ne cache jamais une information de santé. Une fausse déclaration peut entraîner un refus et une interdiction de territoire de plusieurs années. Les seuils et règles changent chaque année : ces repères sont indicatifs (à jour à l'été 2026), à confirmer sur canada.ca et, au besoin, avec un professionnel agréé.
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