Guide · travailler au Canada
Mobilité francophone, le permis de travail que personne ne cite
La question qui revient le plus n'est pas « comment obtenir le visa », c'est « comment travailler au Canada ». Ce dispositif y répond directement, et il est réservé aux francophones qui s'installent hors Québec. Il ne donne pas la résidence permanente : il donne le droit de travailler, ce qui est souvent la première marche.
Ce que c'est, en deux minutes
Pour embaucher un travailleur étranger, un employeur canadien doit normalement obtenir une étude d'impact sur le marché du travail, une procédure longue et coûteuse qui l'oblige à prouver qu'aucun Canadien ne pouvait occuper le poste. C'est le principal obstacle à l'embauche depuis l'étranger, et la raison pour laquelle tant de candidatures restent sans réponse.
Mobilité francophone dispense l'employeur de cette étude. C'est le code d'exemption C16. Le poste n'a pas à être justifié, l'employeur n'a pas à démontrer qu'il a cherché ailleurs. Il lui reste une formalité de quelques minutes et 230 dollars à payer.
Les quatre conditions
Pour les demandes déposées depuis le 15 juin 2023 :
- Remplir les exigences générales d'un permis de travail.
- Vivre et travailler dans l'une des neuf provinces ou des trois territoires autres que le Québec. Le Québec a son propre système, ce dispositif ne s'y applique pas.
- Prouver un français de niveau intermédiaire à l'oral et à l'écoute, soit NCLC 5 ou plus.
- Avoir une offre d'emploi dans n'importe quelle catégorie de profession, à la seule exception des professions agricoles primaires de niveau FÉER 4 et 5.
La preuve de français, le point qui change tout
C'est ici que ce dispositif se distingue de tout le reste de ce site, et il faut le lire deux fois.
Et surtout, la preuve ne passe pas obligatoirement par un test. Trois pièces sont acceptées :
- les résultats d'expression orale et de compréhension orale d'un TEF ou d'un TCF ;
- une confirmation écrite d'un collège ou d'une université pour un programme suivi en français, sous forme de relevé de notes ou de lettre de fin d'études ;
- d'autres documents montrant une scolarité en français.
Autrement dit, si tu as fait tes études en français, ton diplôme peut suffire et tu n'as pas de test à passer. Pour une bonne partie des francophones d'Afrique et d'Europe, c'est plusieurs centaines d'euros et plusieurs mois de préparation en moins. C'est, de loin, la porte la moins chère de tout ce site.
Ce que ton employeur doit faire
Trois étapes, et elles lui incombent entièrement. Tu ne peux pas les faire à sa place, et tu ne peux pas déposer ta demande tant qu'elles ne sont pas faites.
- Soumettre l'offre d'emploi à IRCC sur le Portail des employeurs, avec le code de dispense C16.
- Payer les 230 dollars de frais de conformité de l'employeur.
- Te transmettre un numéro d'offre d'emploi à sept chiffres, sans lequel ta demande ne peut pas être remplie.
Côté demande, tu passes par le compte en ligne d'IRCC. Trois réponses conditionnent la bonne liste de documents : la durée du séjour, « oui » à la question sur le numéro d'offre d'emploi, et « un permis de travail avec une dispense de l'étude d'impact sur le marché du travail » comme type de permis. La preuve de français se téléverse dans le champ « Renseignements sur le client ».
Ton conjoint et tes enfants
- Ton époux ou conjoint de fait et tes enfants à charge peuvent demander un permis de travail ouvert. Ouvert veut dire non attaché à un employeur, contrairement au tien.
- Tes enfants peuvent aller à l'école ou à l'université pendant que tu travailles.
Si tu déposes depuis l'étranger et que la demande est approuvée, tu reçois une lettre d'introduction au point d'entrée. Ce n'est pas le permis : le permis t'est remis à la frontière, le jour de ton arrivée. Si tu déposes depuis le Canada, tu peux commencer à travailler dès la notification dans ton compte, sans attendre le document papier.
Où chercher un employeur
- Destination Canada Forum Mobilité, l'événement officiel qui met en relation des employeurs canadiens et des candidats francophones.
- L'Initiative des communautés francophones accueillantes, qui regroupe 24 communautés sélectionnées pour accueillir des nouveaux arrivants francophones.
- Les sites d'emploi provinciaux, dont celui du Nouveau-Brunswick, gratuits et officiels.
Et après ?
Ce permis est temporaire. Mais travailler au Canada change radicalement un dossier de résidence permanente : l'expérience canadienne rapporte des points au fédéral, et plusieurs provinces accordent des points, voire exigent, un emploi ou une résidence sur place. Le Nouveau-Brunswick donne 15 points sur 100 pour un emploi en cours, le Manitoba en donne 500 sur sa grille de classement pour six mois de travail sur place.
Sources : pages officielles d'IRCC sur le permis de travail du programme Mobilité francophone, modifiées les 20 avril, 21 avril et 28 juillet 2026. La durée du permis n'est pas indiquée sur ces pages : elle dépend de l'offre d'emploi.
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